jeudi 29 avril 2021

Fiabilité des Écritures

Légère mise à jour du document sur la fiabilité des écritures, disponible ici.

jeudi 10 octobre 2019

Racines juives de l'Eucharistie

Ce document constitue un résumé d'un ouvrage de B Pitre Jesus and the Jewish roots of the Eucharist, dont l'objet est de retracer dans l'Ancien Testament et les traditions juives ce qui concerne l'Eucharistie pour en approfondir le sens.

jeudi 18 avril 2019

Marie dans la Bible

Ce petit post juste pour signaler que le document sur Marie dans les Écritures a été mis à jour de manière assez significative.

samedi 13 avril 2019

Est-il rationnel de croire en Dieu ? Observations sur un débat youtube-TopChrétien

Merci à TopChrétien et aux participants pour cet intéressant débat dont j'encourage le visionnage. Le ton est globalement cordial et Alexis Masson très clair.

Il appelle quelques remarques rapides, essentiellement sur les positions de Thomas Durand (TD), mais également un point d'argumentation d'Alexis Masson (AM).

1) Thomas Durant prétend que la science est empirisme et scepticisme a priori. Pour l'empirisme, cela en fait indéniablement parti. Pour le scepticisme, c'est beaucoup plus discutable: il y a une confiance fondamentale dans l'intelligibilité du réel à la base de toute démarche scientifique que l'on ne saurait qualifier de sceptique a priori.

2) Thomas Durand commet à plusieurs reprises le sophisme génétique, à savoir de confondre l'origine d'une chose comme statuant sur son ontologie. Concernant notamment la loi morale, à laquelle il trouve une origine dans l'évolution, mais manquant par là la question soulevée par Alexis Masson, à savoir le statut ontologique de ladite loi.

3) TD maintient que "Toute connaissance qui n'est pas en partie empirique peut être totalement dénuée de réalité", il faudra le signaler aux logiciens et aux mathématiciens (entre autre).

4) "Sans définition, on ne peut pas croire": d'un point de vue empirique, c'est absurde. Je peux être amené à croire à l'existence d'extra-terrestre car on découvre des traces de leur passage sans avoir une définition précise de ce qu'ils sont. De façon générale, l'existence d'une cause peut être postulée par les effets qu'elle produit, même si elle n'est pas parfaitement définie. À cet égard, on peut remarquer que la question de l'existence de Dieu est première, logiquement, sur celle de la souffrance. Si on peut prouver l'existence de Dieu par ailleurs, sur des points antécédents, les questions de la souffrance et du mal doivent être pensées dans ce cadre et peuvent influer sur la compréhension qu'on a alors de Dieu, mais pas l'inverse.

5) Il demande ensuite, si Dieu est bienveillant, d'où vient la souffrance ? Outre ce qui précède, il faut noter que le Christ s'associe à nous face au mal et à la souffrance, en offrant rédemption et sens, d'une part, d'autre part en promettant la justice. Le temps chrétien n'est pas enfermé dans notre seul présent et ce qui ne nous est pas compréhensible dans sa totalité maintenant prendra sens en Dieu. Dieu qui est notre allié contre le mal. La foi, ce n'est pas croire que Dieu existe, comme le dit très justement AM, mais croire qu'il est dans notre camp.

6) Aux quelques arguments en faveur de l'existence de Dieu qu'énonce brièvement AM, TD répond tout d'abord qu'on les a déjà entendus 100 fois. Observation sans intérêt: la valeur d'un argument n'augmente ni ne diminue avec le nombre de fois qu'il a été répété. La question est celle de leur valeur. Les démonstration d'Euclide restent valables aujourd'hui...

7) TD montre qu'il ne comprend pas le raisonnement sur le néant, le confondant avec le vide. Mais le néant étant l'absence de toute chose, y compris de l'espace et des lois qui s'exercent dessus, son objection sur les fluctuations du vide quantique (confusion souvent commise par des athées dans ce genre de débat) est absurde. Et le conduit d'ailleurs à une phrase splendide d'inanité: "La physique ne ménage pas d'espace pour une création". Ce qui montre la limite de la compréhension de la nature de la recherche en physique qui ne peut aucunement parler de création - concept métaphysique - et travaille forcément sur un univers "déjà là". Et, de ce fait, cet argument du vide qui génère des particules est excessivement tautologique, puisque le résultat a déjà été donné dans le postulat des lois s'exerçant sur un espace tridimensionnel, ce qui ne correspond en rien au néant. Bref, TD ne comprend même pas la question d'AM.

8) Ensuite, TD moque WL Craig concernant l'argument de l'origine de l'univers en insistant sur le fait qu'on n'a pas de *preuve* que l'univers a eu un début et donc que cette prémisse de l'argument est *fausse*. Encore une fois, TD ne voit que ce qu'il veut voir. WLC fait un argument probabiliste, en arguant qu'il est plus probable que l'univers a eu un début, selon ce que la science nous dit, et avec une force relativement grande depuis que le théorème BGV a été établi (pour Borde, Guth et Vilenkin, pas exactement des déistes convaincus...). TD tourne en ridicule, encore une fois, un argument qu'il ne comprend pas, infirmant une prémisse dont il méconnaît manifestement le contexte en physique. Plus profondément encore, TD semble imaginer qu'on pourrait avoir une *preuve* que l'univers a eu un début si c'est bien le cas, manifestant une incompréhension encore plus fondamentale de ce qui peut être établi en science. Il tirerait grand profit à lire Popper et les autres philosophes des sciences postérieurs, tels que Kuhn, Polanyi et autres. Une telle demande est impossible, purement et simplement, par méthodologie scientifique.

9) Incidemment, on peut noter que TD tourne facilement en dérision, attitude très révélatrice dans le cadre d'un tel débat, des gens comme WL Craig, Descartes ou même son propre interlocuteur, ce qui dénote soit une arrogance moqueuse soit une ignorance crasse des travaux de ces gens...

10) Quand il est poussé sur la question de l'origine, il répond d'ailleurs à AM "Dans univers éternel: qu'est-ce qui vous échappe?" montrant par là qu'il fait un acte de foi totalement infondé scientifiquement en un univers éternel étant donné l'état actuel des connaissances en cosmologie. Paradoxal, non?

11) On peut aussi relever cette splendide phrase: "on n'a pas prouvé que le néant [pouvait] existe[r]": ce qui ressemble fort à un oxymore et à la preuve que TD ne comprend même pas la question posée.

12) S'enferrant dans un empirisme sans espoir (cf. 15 ci-dessous), TD maintient des choses telles que : "Pour tout ce qu'on connaît, tout ce qui marche depuis 200 ans, il faut des preuves empiristes." ce que, encore une fois, maths et logique, pour ne parler que d'eux, anéantissent immédiatement.

13) Sur la question du miracle, pour le coup, la position d'AM me paraît intenable d'un point de vue chrétien, sauf à maintenir que Jésus marche sur les eaux, change l'eau en vin ou ressuscite Lazare par des moyens naturels, mais alors j'attends avec impatience l'explication... Je ne nie pas l'idée que Dieu puisse utiliser des forces naturelles de façon improbables qui leur donnerait un caractère miraculeux, mais cela n'empêche pas qu'il puisse en d'autres occasions les enfreindre purement et simplement : c'est tout à fait possible d'un point de vue logique, me semble-t-il. Ou alors il faut inclure dans "nature" des éléments plutôt inhabituels... L'objection de TD qui voit dans la réponse d'AM l'attitude d'un adepte d'une fausse croyance à la recherche de confirmation me paraît sous cet angle plutôt fondée.

14) Sur l'existence de Jésus, TD se montre d'une incohérence manifeste. Il en doute en dépit du consensus des spécialistes - contre l'argument d'autorité, donc - mais ne s'est pas privé d'invoquer l'argument d'autorité concernant l'existence de Dieu et le fait que les scientifiques sont majoritairement non croyants... alors que cette question n'est pas celle dont ils sont spécialistes. Dans un cas, il refuse l'autorité des experts, dans l'autre, il accepte l'autorité de simples amateurs: si ce n'est pas un splendide biais de confirmation de la part de TD, je ne sais pas ce que signifie cette expression. Par ailleurs, l'existence de Jésus est bien attestée historiquement, par des sources variées, y compris en dehors du Nouveau Testament, sources qui comprennent des adversaires du christianisme ou des (relativement) indifférents, comme Flavius Josèphe. Si ce genre de données ne satisfont pas TD, il lui appartient d'expliquer à la communauté des historiens quels critères ils devraient adopter pour aborder l'antiquité... Mais qu'il défende une telle position quand son propre travail sur youtube consiste largement à montrer l'inadéquation de croyances mal fondées au regard de la science ne manque pas de piquant: splendide cas d'arroseur arrosé!

15) Concernant la position philosophique de TD, qui revendique un empirisme systématique comme seule source de connaissance, cette attitude n'est pas sans rappeler le positivisme logique d'un Ayer, positivisme qui est philosophiquement mort depuis bien longtemps tant il est perclus de contradictions, à commencer par la plus évidente: la position que la vérité ne peut se trouver que par la logique ou l'enquête empirique, est une position ni logique ni empirique et donc auto contradictoire. TD serait bien avisé d'étudier un minimum de philosophie avant de s'associer - pour ce que j'en comprends - à des courants de pensée aussi faibles. Et révolus.

16) Enfin, sur ce qui pourrait le faire changer d'avis, TD prend la position que bien des choses le pourraient, et dresse une liste de demandes plus ou moins extravagantes et indifférente, de toute évidence, à toute considération théologique ou philosophique élémentaire. Exiger de Dieu qu'il aligne les étoiles pour former son nom dans le ciel est une absurdité. Autant demander à voir de ses yeux les galaxies s'éloigner pour croire au big bang car, vous comprenez, ma bonne dame, leurs télescopes et leurs machines peuvent mentir et vous manipuler... Plus sérieusement, les critères de justification d'une théorie dépendent de l'objet d'étude et méritent une réflexion spécifiques, pas une liste à la Prévert d'aberrations qui n'est, au fond, qu'une manière détournée de dire "Je ne croirai pas". Comme le dit TD lui-même, on peut refuser de voir les contradictions, notamment en bâclant son épistémologie et sa métaphysique pour ne pas avoir à affronter je ne sais quelle fantôme de l'imaginaire...

vendredi 5 avril 2019

La bible dit-elle que Jésus est Dieu ?

Quelques suggestions de réflexion sur cette question dans ce document.

mardi 18 décembre 2018

Pourquoi Jésus écrit-il sur le sable ?

Savez-vous pourquoi, dans le passage de l'évangile de Jean dit de "la femme adultère", Jésus écrit sur le sable ? Pour le comprendre, il faut revenir à ce qui précède juste ce passage: en Jn 7, 2 & 37-43, on lit:

« La fête juive des Tentes était proche. [...] Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s'écria : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l'Écriture : De son cœur couleront des fleuves d'eau vive. » En disant cela, il parlait de l'Esprit Saint qu'allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, il ne pouvait y avoir l'Esprit, puisque Jésus n'avait pas encore été glorifié.  Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C'est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D'autres disaient : « C'est lui le Christ ! » Mais d'autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ?  L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »  C'est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. »

Cet épisode s'inscrit donc dans un temps bien précis de la vie liturgique juive : la fête des tentes (Souccot ou Soukkot). Elle était l'occasion de la cérémonie de la libation des eaux (nissoukh hamayim): «lors des sept jours du festival de Souccot, le peuple célébrait joyeusement que l'on ait apporté l'eau de la source de Gihon au Temple. On invoquait par celle-ci la bénédiction divine pour la pluie "en son temps", c'est-à-dire ni précoce ni tardive, en accord avec le Talmud, qui consigne que Soukkot est le temps de l'année au cours duquel Dieu juge le monde pour les précipitations annuelles. L'eau de la cérémonie était tirée du bassin de Siloam dans la Cité de David, et la joie accompagnant cette cérémonie était pratiquement palpable. C'est aussi la source du verset 12:3 d'Isaïe : "Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut". Ensuite, chaque nuit, des dizaines de milliers de spectateurs se réunissaient dans la cour extérieure du Temple pour voir la Sim'hat Bet HaShoëva (Réjouissance au Lieu de la Libation d'eau), et les plus pieux parmi l'assistance dansaient et chantaient des louanges à Dieu. Les danseurs portaient des torches allumées, et étaient accompagnés au son de harpes, lyres, cymbales et trompettes des Lévites. Selon le traité Soukka, "Celui qui n'a pas vu la réjouissance au lieu de la libation d'eau n'a jamais vu de réjouissances de sa vie". Tout au long de Soukkot, la cité de Jérusalem s'emplissait de familles juives qui venaient pour le pèlerinage et se retrouvaient pour se réjouir et étudier la Torah.  » (Wikipedia).

On voit ainsi la résonance particulière des paroles du Christ: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l'Écriture : De son cœur couleront des fleuves d'eau vive.", prononcées dans un cadre où l'eau était au centre de l'attention et de la symbolique religieuse "Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut", qui ne pouvait que marquer le cœur de ses auditeurs comme l'affirmation de sa messianité.

C'est juste après qu'intervient le passage qui nous intéresse: Jn (8, 3-11):

« Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en situation d'adultère. Ils la mettent au milieu,
 et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère.
 Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
 Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
 Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter une pierre. »
 Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
 Eux, après avoir entendu cela, s'en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
 Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamnée ? »
 Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » »

Jésus accomplit un geste à première vue assez mystérieux: il écrit sur la terre. Et c'est après ce geste que les uns et les autres quittent la scène. Ce qui se passe ici se comprend bien à la lumière d'un passage de Jérémie:

Jr 17,13: Seigneur, espoir d'Israël, tous ceux qui t'abandonnent seront couverts de honte ; ils seront inscrits dans la terre, ceux qui se détournent de toi, car ils ont abandonné le Seigneur, la source d'eau vive.

Par ses gestes, Jésus fait une allusion à ces propos redoutables, écrivant dans la terre le nom de ceux qui rejettent la source d'eau vive : le messie de Dieu, Jésus lui-même, référence que ses interlocuteurs, scribes et pharisiens, connaissent parfaitement...
On voit ainsi que ce qui peut paraître anodin voire obscur, à première vue, est en réalité chargé de sens à la lumière du contexte dans lequel se déroule l'épisode, invitation à toujours plus creuser les Écritures pour mieux les comprendre et les laisser nous guider vers le Christ.

Ces éléments sont tirés de Understanding Jesus, Joe Amaral, Faith Words edition, 2011 mais cette interprétation remonte à Saint Augustin et a été notamment rappelée par B. Pitre dans cette vidéo.

dimanche 4 mars 2018

Science et foi

Voici deux documents sur les questions des rapports science/foi :
  • une version courte qui s'efforce de donner les éléments rapidement, issue de conférences données à l'aumônerie
  • et une version longue qui va dans plus de détails et de discussion
Ces deux documents sont susceptibles d'évoluer - surtout la version longue - mais il y a déjà un peu de matière...